Vaccins

La vaccination

Ordre et désordre

Il est toujours difficile de savoir ce que pensent vraiment les médecins sur  un tel sujet.

Ils savent tous qu’une position considérée comme “non orthodoxe” par le conseil de l’ordre peut attirer sur eux les pires ennuis.

Et il en faut peu pour attiser la colère du conseil de l’ordre.

Sylvie Simon l’a montré dans son livre de 2013 :“Ordre et de Désordre.” (1) Cet ouvrage propose une série d’histoires de médecins ayant eu des problèmes avec l’administration. On leur reproche de mettre “homéopathe” sur leur ordonnance ou de ne pas avoir suivi à la lettre des protocoles établis par la Haute Autorité de Santé, ou encore de ne pas suivre “les données acquises de la science”.

Mais les protocoles de la HAS ne couvrent pas l’ensemble des cas que rencontrent les médecins, et les données acquises de la science ne sont pas ce que vous croyez. Il s’agit en réalité “des données validées, en France, par la Haute Autorité de Santé.” C’est une vision très restrictive de ce qu’est la science.

Un médecin curieux, capable de suivre les évolutions de la recherche dans le monde, capable de se former en nutrition, en phytothérapie ou en homéopathie a vite fait de sortir des données présentées par la HAS.

En fait, n’importe quel avis, qui ne va dans le sens de ce que prétend l’administration, peut causer des problèmes à un médecin.

C’est pour cela que les médecins sont prudents lorsqu’ils critiquent leur hiérarchie.

C’est aussi pour cela, qu’ils ne le font que lorsque la situation leur paraît très grave.

Des médecins généralistes interrogent les députés

Ainsi donc, lorsque vous voyez un médecin émettre une critique vis-à-vis de son administration, voire un simple doute, dites-vous que sa prise de parole a été mûrement réfléchie.

S’il s’y risque, c’est que c’est un cas de conscience majeur.

Dans ces moments-là, il faut saluer le courage des médecins et les soutenir.

C’est ainsi qu’il faut accueillir la très belle lettre écrite par un groupe de médecins généralistes à leurs députés le 16 octobre dernier.

Ces praticiens s’inquiètent de l’élargissement de l’obligation vaccinale qui pourrait être votée avec le projet de loi de finance de la sécurité sociale (article 34).

J’ai choisi quelques morceaux marquants de cette lettre, bien étayée par ailleurs. Je les soumets à votre réflexion.

La lettre commence fort. Les médecins affirment :

“Nous estimons que cette obligation groupée est injustifiée, contraire aux données de la science, aux droits des patients et aux principes du Droit en démocratie.”

Un peu plus loin, après avoir pris la précaution de souligner qu’ils ne souhaitent pas créer la polémique, nos médecins, rappellent tout de même, que :

“l’histoire des vaccinations en France n’est pas linéaire, qu’elle a connu des succès et des échecs, que des vaccins sont apparus et ont disparu pour cause d’efficacité/inefficacité, voire de dangerosité.”

Ils ajoutent :

“En tant que citoyens éduqués, et en application de la loi du 4 mars 2002, les Français ont le droit d’exiger des informations précises, claires et robustes sur les tenants et les aboutissants de la vaccination et n’ont pas à être soumis à des décisions précipitées et à une interprétation maximaliste de la concertation sur les vaccins”.

Plus loin, ils affirment :

“Même dans l’hypothèse irréaliste d’une couverture vaccinale à 100 % et d’une efficacité vaccinale à 100 % stable dans le temps (…), les huit vaccins supplémentaires recommandés ne peuvent permettre de prévenir plus de 1% des décès survenant à ces âges [moins de deux ans].”

En clair, la mesure est aussi violente qu’inutile…

Ce n’est pas une petite charge de la part de nos médecins généralistes.

Ensuite, est développée une argumentation plus spécifique en rapport avec certains vaccins.

Nos médecins estiment que dans les cas de maladies rares comme la méningite à méningocoque C “la vaccination universelle risque de provoquer plus d’effets indésirables graves chez les nourrissons, que de bénéfices dans la population générale.”

Enfin, nos médecins s’inquiètent de la disproportion et de la violence des sanctions que les parents peuvent subir en cas de non respect de la loi.

L’intérêt de cette lettre est qu’elle rappelle que la vaccination est une réalité scientifique et médicale complexe qui mérite d’être traitée avec finesse.

Cet appel des hommes (et des femmes) de l’art est très important. Espérons qu’il sera entendu par les députés. Espérons qu’aux doutes raisonnables exprimés par les thérapeutes, ils ne répondent pas en dégainant une législation armée qui mettrait tout le monde dans l’embarras et pourrait causer, in fine, bien plus de tort que le gouvernement ne l’imagine. (Retrouvez la lettre dans son intégralité ici).

Le Pr Henri Joyeux répond à ses détracteurs

De son côté, le Pr Henri Joyeux, qui a été attaqué, par l’ordre des médecins (la procédure est toujours en cours) tient à répondre à ses détracteurs. Notons qu’il  n’est pas radié de l’ordre des médecins contrairement à ce qui circule dans la grande presse.

On lui reproche essentiellement d’avoir souligné qu’il existait une pénurie de vaccins et qu’il était impossible ou presque de se procurer les seuls vaccins obligatoires (Diphtérie, tétanos, poliomyélite) puisque les laboratoires pharmaceutiques ne proposent plus que des combinaisons de vaccins.

Le Conseil d’Etat, que nous avons saisi, a confirmé sa position. Il est donc peu probable que l’ordre puisse condamner le Pr Henri Joyeux.

Il a répondu aux questions des journalistes, à travers une conférence de presse, qui a été organisée à Paris le 7 novembre 2017 avec le Pr Luc Montagnier.

La vidéo est disponible ici.

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